Lors de notre départ du Québec, en octobre dernier, l’itinéraire global était de se rendre à Puerto Escondido, dans l’état de Oaxaca, Mexique. Bien que dans le détail, nous avons suivi un parcours plutôt chaotique au gré des vidanges et de la météo. Cependant, dans l’ensemble, on a maintenu le cap. Et on s’y est rendu. On a mis nos fesses dans l’océan Pacifique et on a appris le surf. Et parfois, le timing fait bien les choses. Le fait d’avoir eu un pépin mécanique, a « retardé » notre arrivée à Puerto Escondido ce qui fait que nous sommes arrivés dans une période touristique un peu plus calme dont le rythme nous convient. Disons qu’au Jour de l’An, le rythme aurait été plus difficile à suivre. 

L’endroit où nous avons trouvé refuge est très en relief. Les rues sont parfois très abruptes et les maisons sont parfois en pentes (même les planchers, oups!). À l’occasion, on a une fenêtre sur l’océan, un petit éclat de bleu à travers les arbres, les rues et les maisons. Le Mexique, c’est les montagnes. Sur la autopista, les flancs de montagnes escarpés sont tous stabilisés pour éviter les chutes de pierres. Les montagnes sont constituées d’une pierre calcaireuse assez friable. Lors de fortes pluies, le ruissellement combiné à la friabilité de la pierre, en raison de la forte inclinaison des pentes, il y a des glissements de terrain. Les débris peuvent demeurer sur la route quelques temps (des mois). Les automobilistes doivent alors prendre l’accotement pour les éviter. Parfois, il n’y a qu’une voie au centre et on y va à intervalle avec l’aide d’un signaleur. Sauf le dimanche soir. Les gens travaillent rarement le dimanche soir, même les signaleurs. Il faut alors être doublement prudent ou… passer à pleine vitesse, les yeux fermés et les fesses serrées. Imaginez-vous le travail colossal de construction d’une autoroute quatre voies, avec trois tunnels, serpentant sur plus de 200km, dont tous ces kilomètres de pentes adjacentes sont stabilisées par des barres d’armature, du béton et de la géogrille. Pas surprenant que ça coûte plus de 80 dollars canadiens le passage. 

Dans la rue près de notre domicile PuertoEscondidien, il y a des poules et des coqs. Ils cohabitent avec les chiens et les chats. Ils chantent, souvent. Ça fait changement des bruits de moteur ou de karaoke que nous avions à Oaxaca. Il suffit qu’il en ait un qui trouve son soleil à 4h du matin et magie! On est parti pour un carillon où le plus orgueilleux s’égosille à qui-mieux-mieux! ça peut durer jusqu’au matin et même plus…

Il fait chaud et humide à ce temps-ci de l’année. Nous avons même eu de la pluie en soirée et la nuit. Pas de concert de coqs les nuits de pluie. Il y a le toit de tôle du voisin qui se lamente mais, ça ne dure jamais plus de 2 heures. Ce n’était pas arrivé à Oaxaca. En plus, c’était une pluie chaude. Nous avons profité de la piscine quand le soleil était trop fort pour la plage. Le matin, l’après-midi et le soir, nous nous y sommes rafraîchis. 

En raison de l’escarpement côtier, il y a plusieurs plages à Puerto Escondido, enclavées dans de petites baies.  La plus impressionnante est la Zicatela, une longue plage sablonneuse sur plusieurs centaines de mètres (probablement des kilomètres). Les vagues y sont fortes et c’est à cet endroit qu’en été, il y a la vague pour les pros du surf. Autrement, les débutants se rendent à Playa Carrizalillo, une petite baie où les vagues sont longues et constantes. Cependant, à ce temps de l’année, les vagues sont presqu’inexistantes. Il a fallu se rendre à la Punta, une pointe rocheuse qui s’enfonce dans l’océan, permettant d’avoir une vague constante et vers la gauche. Parfaite pour les débutants et les intermédiaires. Pour se baigner, nous avons visité la plage de Manzanilla et la plage de Bahia Principale. Cette dernière sert de marina et de quai de pêche. Nous y avons vu plusieurs marlins se faire dépecer. Nous y avons dégusté des ananas, des ceviches et des jus mais des jus!! 

À notre dernière journée à Puerto Escondido, nous avons ressenti un tremblement de terre. 5,7 sur l’échelle de Richter. Un bon tremblement de terre. C’était fort impressionnant. Pas de dégât, plus de peur que de mal comme on dit. Plusieurs bâtiments indiquent des espaces “Punto de réunion” qui sont sécuritaires en cas de séisme. Un matin, le plus jeune des enfants et moi sommes partis à la découverte. Il y avait des ouvriers qui travaillaient sur les fondations d’un nouveau bâtiment, une maison/villa, certainement. À voir ces ouvriers, creuser au pic et à la pelle des fondations, y couler la semelle filante et y avoir placer les barres d’armature, j’ai été projeté 20 ans en arrière quand j’étais moi-même à creuser des fondations et couper les barres de fer. Et l’édifice que nous avions construit à l’époque est devenu un de ces espaces sécuritaires en cas de séisme. Le plus jeune a été fasciné par mes histoires et par le fait de savoir comment on construit des maisons. Il est d’ailleurs fasciné par les mexicains qu’il trouve trop intelligents. Ils ont souvent des trucs simples pour résoudre un problème et ça l’émerveille. C’est beau à voir. 

Je m’en voudrais de passer sous silence les rencontres. Il y en a de celles qui sont éphémères, anonymes comme celle avec cette néobrunswickoise demeurant à Montréal qui était à Puerto Escondido pour un mois en congé de maternité. Elle a reconnu notre accent québécois et on s’est mis à jaser, tout bonnement. Il y a de celles qui sont plus profondes, comme la rencontre de Sandra et Richard, deux québécois à Puerto Escondido pour trois semaines. Ils se cherchaient un endroit pour passer 9 semaines en 2027. Nous avons pris le temps d’échanger sur nos vies en général, nous avons partagé un repas. Parce que leur appartement était sur le chemin de notre accommodation où on s’y rendait quotidiennement. On salue les touristes différemment des mexicains. Ces derniers, on les salue en espagnol. Les touristes, on ne sait jamais comment les saluer. Mais, quand on reconnaît l’accent de la maison, on s’y intéresse. Et ça a été des plus intéressant de côtoyer Sandra et Richard.